FSU 49
Accueil > Actualités > CDEN du 9 février 2012 : déclaration de la FSU de Maine-et-Loire

CDEN du 9 février 2012 : déclaration de la FSU de Maine-et-Loire

12 février 2012

DÉCLARATION FSU AU C.D.E.N.
du 09 FEVRIER 2012

La politique de renoncement à l’éducation qui perdure depuis 10 ans se prête en ce moment à un premier bilan : à coup de valorisation de l’apprentissage, à coup de suppression de postes, des dispositifs de soutien et d’intégration scolaire, à coup de mépris pour le corps professoral, à coup de réduction de la liberté pédagogique, à coup d’une autonomie qui accélère la différenciation scolaire, à coup de contournement de la carte scolaire, à coup de suppression de l’école à deux ans…l’école s’est paupérisée.

Par ces politiques que vous appliquez, vous avez tenté, en l’assumant, de faire douter les citoyens de la qualité de l’école, de faire douter les enseignants de la qualité de leur travail, d’entamer leur motivation et leur engagement, de faire augmenter les inégalités à l’école et vous avez réussi à faire reculer le système éducatif français comme référence centrale dans le monde.
Un maigre bilan eu égard au coût social occasionné. D’autant plus tant que les améliorations que vous mettez en avant sont toujours marginales et jamais générales, toujours définies pour des publics particuliers.

Il faut vraiment que les personnels y croient, à votre place, aux vertus de l’école, de la démocratisation et de l’émancipation par le savoir car ce sont eux qui chaque jour le font dans leur métier.
Il faut vraiment que les citoyens le fassent, à votre place, de défendre l’école publique laïque et les conditions d’apprentissage des élèves.
Cette année encore ce sont 52 postes supprimées dans le premier degré dont de nombreux postes de RASED. Mais le cynisme permettra sûrement d’affirmer qu’on aide ainsi mieux les élèves et leurs familles.

Cette décision relève, comme les services nous l’ont expliqué lors du groupe de travail, de la "solidarité nationale" pour réduire la dette. Réduire la dette, mais quelle dette ? Pourquoi les enseignants, les parents d’élèves et les élèves qui sont les usagers de l’éducation nationale devraient-ils contribuer à réduire une dette qu’ils n’ont jamais contractée.

Car la dette est celle que les actionnaires des grands groupes capitalistes, et tout particulièrement des banques, ont faite. Ils l’ont creusée, cette dette, au fil des années, par leur chantage permanent à l’emploi, exigeant toujours plus d’exonérations de charges, de subventions, d’exemptions fiscales, soit-disant pour leur permettre d’améliorer la compétitivité des entreprises, mais en réalité pour maintenir les dividendes distribués au niveau des 12 à 15 % annuels en dessous desquels ces gens-là considèrent qu’ils perdent de l’argent.

Ils l’ont faite en exigeant de l’État qu’il rachète les titres pourris qu’ils avaient en caisse lors de l’effondrement de la bulle immobilière, comme ils l’avaient exigé 8 ans plus tôt lors de l’éclatement de la bulle internet. Et à chaque fois, c’est sous le prétexte de "sauver l’économie" que l’État a dépensé des dizaines de milliards d’€ qui sont allés directement dans les poches de la finance.
Si l’économie française est si productive, c’est justement en partie du fait de la qualité de ses services publics dont une analyse réductrice ne voit que le coût.

Pour sa part, la FSU sera toujours déterminée à faire vivre une ambition démocratique pour l’école, à faire vivre nos métiers et à porter un autre projet et cela d’autant plus résolument que les personnels le plébiscitent.

SPIP | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0